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Le voyageur immobile : où je vais personne ne va, personne n’est jamais allé, personne n’ira.
Jean Giono

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lettre aléatoire
13 août 2021


#8 Aventures
COUP DE FOUDRE

 VINCENT MUNIER,
L’ART DE L’AFFÛT

Panthère des neiges. Tibet. © Vincent Munier
Le Centre Jean Giono et la Fondation Carzou proposent une exposition inédite de Vincent Munier, grand photographe animalier français. Dans « Toucher le monde », les photographies d’animaux sauvages dans leur milieu naturel sont mises en regard avec des textes de Jean Giono choisis par le photographe, qui partage avec l’écrivain un attachement infini à la nature.

Le travail de Vincent Munier témoigne de sa passion pour le monde sauvage, transmise dès l’enfance par son père, naturaliste militant. Aventurier contemplatif et solitaire, Vincent Munier parcourt des territoires reculés, désertiques ou montagneux pendant des semaines, dans des conditions climatiques extrêmes, en quête de rencontres magiques avec des animaux sauvages qui souvent n’ont jamais croisé d’êtres humains : loups d’Éthiopie, ours bruns du Kamtchatka, loups blancs et bœufs musqués de l’Arctique, panthères des neiges du plateau tibétain, manchots empereurs de l’Antarctique. 

Son art minimaliste témoigne de ces rencontres fugaces nées de la patience, la lenteur, l’humilité et la capacité à se faire oublier par l’animal. Sans aucune promesse de succès. « C’est l’art de l’affût. Rien n’est garanti. », explique le photographe dans le documentaire qui lui est consacré.

Au sein de l’hôtel Raffin sont exposées des photographies tirées des archives de Vincent Munier, qu’il a sélectionnées en lien avec l’œuvre de Jean Giono. La fondation Carzou présente dans une scénographie épurée l’exposition Tibet, minéral, animal, sur les traces de la panthère des neiges, dans la région du Kham que le photographe explore depuis 2011.

Exposition « Toucher le monde » Jusqu’au 30 octobre 2021 Centre Jean Giono & Fondation Carzou Manosque

BRÈVE RENCONTRE

« L’ÉTÉ OFFRE LA POSSIBILITÉ
DE FILMER DES MOMENTS
DE GRÂCE »,
GUILLAUME BRAC

© 2020 Arte France - Geko films
Le dernier film de Guillaume Brac, À l’abordage, raconte les aventures maladroites d’un trio improbable qui cherche l’amour en vacances dans un camping de la Drôme. Rencontre avec le réalisateur, qui présentera son film le 15 août à 18 h 30 au cinéma Le Bourguet à Forcalquier.

À L’ABORDAGE RÉSULTE D’UN PROCÉDÉ DE CRÉATION ORIGINAL, EN COLLABORATION ÉTROITE AVEC DE JEUNES COMÉDIENS. POUVEZ-VOUS RACONTER CETTE AVENTURE ?
Le projet est parti de la proposition de la directrice du Conservatoire national supérieur d’art dramatique d’écrire un film pour une douzaine de jeunes comédiens encore en formation, sans expérience du cinéma. L’idée était d’écrire un film sur mesure pour eux, en m’inspirant de leurs personnalités et de leurs parcours. Il y a donc une dimension documentaire qui se mêle à la fiction. Je n’ai pas fait de casting, je les ai rencontrés un par un de manière informelle, puis j’ai réalisé pas mal d’ateliers d’improvisation avec eux, au cours desquels sont nées des esquisses de personnages et de relations. À partir de là, avec la scénariste Catherine Paillé, on a écrit une trame de scénario. Très vite a émergé le sujet de la rencontre entre des jeunesses issues de milieux sociaux différents. 

VOUS AVEZ TOURNÉ CE FILM PENDANT LES VACANCES D’ÉTÉ, ET CE N’EST PAS LA PREMIÈRE FOIS QUE VOUS CHOISISSEZ CETTE SAISON. QUE RECHERCHEZ-VOUS DANS CETTE PÉRIODE PARTICULIÈRE ?
Pour À l’abordage, le tournage pendant l’été s’est imposé à moi parce qu’il s’agissait d’un film à petit budget avec une petite équipe et des comédiens jeunes. J’ai eu envie de les sortir de leur cadre, de leur faire vivre une aventure ensemble. Le temps des vacances est propice à rassembler des jeunesses qui ont peu l’occasion de se côtoyer d’habitude. Et puis, l’été est fascinant à filmer : il est plus vivant, les journées durent plus longtemps, les gens sont dehors, ont plaisir à être ensemble, c’est léger, simple, il y a un élan. Quand on cherche à capter des moments de grâce, de vie, de joie, l’été offre plein de possibilités. Le lieu du camping est irremplaçable : la facilité avec laquelle les contacts se nouent, la fluidité des rencontres entre des gens très différents, la diversité et la proximité autour des sanitaires et de la piscine... Il y a quelque chose d’assez magique quand on réussit à capter des moments qui mêlent le jeu entre les comédiens, la vie documentaire autour d’eux, et puis la lumière, le lieu.

EN TANT QUE SPECTATEUR, ON A L’IMPRESSION DE VIVRE CES QUELQUES JOURS DE VACANCES AVEC LES PERSONNAGES. ON N’EST PAS SEULEMENT TÉMOINS EXTÉRIEURS, MAIS ON FAIT UN VRAI TRAJET ÉMOTIONNEL AVEC EUX. COMMENT ÊTES-VOUS PARVENU À ÇA ?
Ça passe par une narration très serrée. Le film se déroule sur quelques journées, on a le temps d’explorer différents moments de ces journées, on sent le temps passer, avec le soleil qui décline le soir. Ça passe aussi par la mise en scène : j’ai filmé des blocs de durée, des plans-séquences qui durent longtemps, et qui nous installent avec les personnages. Le temps n’est pas haché, le montage se fait très discret, on sent peu la caméra, on est de plain-pied avec les personnages. C’est le pari de plusieurs de mes films, d’essayer de raconter le plus possible avec très peu. De regarder des choses simples d’une manière suffisamment attentive pour qu’elles prennent du relief, qu’elles se chargent d’émotion.

À L’ABORDAGE EST UNE COMÉDIE DISCRÈTEMENT POLITIQUE, À TRAVERS LE CHOIX DES DEUX ACTEURS PRINCIPAUX ÉRIC NANTCHOUANG ET SÉLIF CISSÉ, MAIS AUSSI À CAUSE DE LA TRAJECTOIRE DES PERSONNAGES, QUI ÉVOLUENT DE MANIÈRE INATTENDUE, EN SE LIBÉRANT DES RÔLES SOCIAUX ÉCRITS D’AVANCE.
Sur le choix des acteurs, les choses m’ont été données comme ça, et c’est très bien : ces deux comédiens m’ont tout de suite impressionné et séduit, c’était une rencontre assez naturelle et évidente. Après, on a eu tout un travail d’écriture et de réflexion ensemble sur la façon dont les Noirs sont représentés dans le cinéma français d’habitude, dans des rôles assez stéréotypés. Mais tous les acteurs du film démarrent en incarnant un archétype, avec des traits assez marqués, et puis ils s’affinent de plus en plus. Tout le monde est enfermé dans des rôles dans sa vie. Et les vacances, c’est aussi ce moment où on se retrouve littéralement à poil, où on peut enlever son costume social.

À l’abordage (2020) Séance suivie d’une rencontre avec le réalisateur  cinéma Le Bourguet dimanche 15 août 18 h 30

QUI ÉCRIT ?
Cette lettre est préparée par Raphaële Javary, journaliste explorant la création entre Lure et Luberon.

REMERCIEMENTS
Pauline Hessel, Fabien David, Caroline Solievna

 
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