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  NUMÉRO  
 
10
 
 
OCTOBRE
2014
 
     
 
« En classe j’étais celui qu’on chahute, qu’on martyrise, qu’on enferme dans le noir, une vie terrible. Et le soir, à la maison, j’étais la liberté même. Plus rien ne pesait sur moi. Je ne pensais qu’à mes pantins, à mes marionnettes que j’habillais selon les pièces que j’avais vues. »
 
     
 
Yves Saint Laurent, grand couturier
 

QUINZE ANS PLUS TARD,
LE RETOUR DE BABEL À LA MAISON

Créée en 1999, la pièce de Marie-Louise Gay Le jardin de Babel reprend l’affiche et plante son décor à la Maison Théâtre du 24 septembre au 12 octobre 2014. Après quelques tours et détours, revenir à la Maison, c’est comme retrouver son oreiller après un long voyage : c’est doux, c’est agréable et ça sent bon…

Depuis maintenant 40 ans, le Théâtre de l’Œil s’est attaché à bâtir un répertoire pour la marionnette, dans lequel Le jardin de Babel figure en bonne place. Comme le dit André Laliberté : « son écriture vive et surprenante, sa facture visuelle très soignée en font une œuvre qui franchit l’épreuve du temps, capable d’amuser plusieurs générations d’enfants… mais aussi leurs parents.» C’est d’ailleurs pourquoi la compagnie propose le spectacle pour la tournée en 2015-2016! Avis aux diffuseurs intéressés : profitez de notre séjour (finissant) à la Maison Théâtre pour (re)découvrir le spectacle.

Babel pourrait être le petit frère de Sacha et Stella, les célèbres personnages de Marie-Louise Gay (dont la notoriété est telle qu’ils sont désormais « timbrés » par Postes Canada !). La mèche au vent et la langue bien pendue, ce drôle de petit bonhomme en voit de toutes les couleurs, dans son jardin extraordinaire où les moutons broutent les nuages et les lapins poussent comme des carottes. Quand le Signor Rapini pêche un nain à la barbe bleue qui se révèle être roi et père d’une princesse à qui on a jeté un sort, Babel et la brebis Marcelle n’écoutent que leur grand courage pour foncer tête baissée dans une aventure rocambolesque où les princesses trompent énormément.

Également conceptrice des marionnettes et du décor, Marie-Louise Gay signe un texte poétique et ludique, qui plonge le spectateur dans un univers où le merveilleux côtoie le rigolo, les rimes et les jeux de mots, ponctué par la musique de Libert Subirana, qui s’amuse à détourner les comptines les plus connues.

André Laliberté, qui signe la mise en scène, a choisi des marionnettes à tiges. Articulée autour d’une tige centrale, d’autres tiges faisant bouger les membres et les éléments reliés, la marionnette est animée par un ou des manipulateurs cachés derrière les trois niveaux de l’ingénieux castelet. Manipulateurs? Non! Ce sont plutôt des marionnettistes puisqu’ils font les voix en direct!

EXTRAITS DE LA CRITIQUE 2014 :

« Cet univers sens dessus dessous fait sourire plus d'une fois et l'émerveillement est à son comble quand les personnages plongent pour rejoindre le royaume du roi et qu'un habile jeu d'ombres met en scène leur promenade sous-marine. Ingénieux, aussi, le choix de pénétrer dans le royaume par l'entremise d'une baignoire. »

Frédérique Doyon, Le Devoir, Montréal, 2 octobre 2014

« Comme presque tout spectacle pour enfants, Le jardin de Babel semble avoir trouvé le secret de l'éternelle jeunesse. Quinze ans après sa création, la 20e production du Théâtre de l'Œil n'a pas pris une ride et ravit toujours autant. »

Daphné Bathalon, Mon(Theatre).qc.ca Montréal, 29 septembre 2014.

 


MARIE-LOUISE GAY,
MAGICIENNE POUR ENFANTS
Auteure et illustratrice de livres pour enfants, Marie-Louise Gay a publié plus de 60 ouvrages, et elle a reçu tous les grands prix de littérature canadienne pour la jeunesse dont le prix du Gouverneur général (3 fois!), le prix du livre M. Christie et le prix Vicky Metcalf pour l’ensemble de son travail.

Le jardin de Babel est le troisième spectacle pour lequel elle collaborait avec le Théâtre de l’Œil, après Qui a peur de Loulou ?, en 1993 et Bonne fête Willy, en 1988. Nous avons recueilli ses impressions émues devant la renaissance de son petit dernier, lors d’une répétition dans le studio du Théâtre de l’Œil, par une chaude après-midi du mois d’août. 


Babel et Marcelle, ou comment donner un sens à l’absurdité.

« Babel, le petit jardiner, et Marcelle la "moutonne" viennent de deux planètes différentes, raconte avec un évident plaisir Marie-Louise Gay. S’ils sont des inconnus l’un pour l’autre, ils se reconnaissent et acceptent leurs différences, ils s’apprivoisent. Babel se trouve confronté à des événements absurdes et fantaisistes. Il est d’abord méfiant, il a déjà quelques préjugés. Pourtant, quand il voit un mouton brouter les nuages, il accepte ce qui se passe : ce doit être vrai, puisque cela arrive devant lui ! Il a cette beauté d’enfant d’accepter que les règles ont changé et de faire fi du raisonnement d’avant. Pour moi, c’est comme ça que l’enfant aborde la vie, il regarde des choses et il ne les comprend pas. Alors que pour les adultes, c’est difficile d’oublier ce qu’on connaît pour appréhender des concepts nouveaux, on est plus rationnel.
 
Marcelle pose les questions des enfants, elle veut comprendre le monde : c’est quoi la terre ? demande-t-elle, et Babel répond : c’est rond comme une orange. Oui, mais c’est quoi une orange ? Ce dialogue explique aux enfants comment les choses peuvent être différentes, dépendant de notre point de vue et de ce que l’on connaît. Et comment articuler une idée.

Mais quand j’écris, je ne pense pas à ça, ce n’est pas intentionnel. Je me plonge dans un monde où j’évite toutes les barrières qu’on se pose en tant qu’adulte. Tout peut exister, même des éléphants invisibles! Je peux raconter n’importe quoi… Mais ce doit être une bonne histoire ! Et il doit y avoir du rationnel dans l’absurde, sinon on n’y croirait pas, il faut donner un sens à l’absurdité. »


La scène de peur

« La scène pendant laquelle Babel et Marcelle s’avouent leurs peurs, reprend Marie-Louise Gay, je l’ai écrite sans en comprendre la portée. Quand je l’ai vue la première fois, j’ai été estomaquée de ce qui se passe ! Babel a peur du noir et Marcelle des bas de laine rouge. Chacun peut trouver la peur de l’autre ridicule, mais chaque peur a sa valeur. Lors des représentations, à ce moment, le silence est total dans la salle…»


Une écriture ciselée et exigeante

Le texte du Jardin de Babel est un véritable coffre aux trésors : plein de trouvailles et de bonheurs d’écriture, de jeux de mots amusants et poétiques, de rimes et d’allitérations. Marie-Louise Gay s’en explique : « Je vais à l’encontre de la tendance actuelle qui veut que l’on présente aux enfants des livres ajustés à leur âge. On demande aux écrivains d’écrire des phrases courtes, pas trop de mots et des mots simples. Je pense que, même si les enfants ne comprennent pas un jeu de mots ou une expression, ce n’est pas grave, ça reste dans leur tête. Le jour où ils rencontrent cette expression de nouveau, elle sera déjà familière. Ils peuvent aussi comprendre le sens des mots grâce au contexte, ou le découvrir par eux-mêmes. Je préfère en donner plus que moins.

Je sais que beaucoup de professeurs s’arrachent les cheveux, ils pensent qu’il faut tout expliquer mais je ne suis pas d’accord. C’est la différence entre le pédagogue et le poète…»

(Propos recueillis et mis en forme par Michelle Chanonat)

 

COURT MAIS BREF


Sur 3 pattes en Asie

La tournée de Sur 3 pattes/3-Legged Tale en Chine et à Taiwan fut riche en rebondissements et en péripéties de tout acabit. Même la météo s’est arrangée pour fabriquer des souvenirs à la joyeuse compagnie, puisqu’une alerte de typhon a perturbé l’horaire de livraison du décor et forcé l’annulation de la visite du musée Lin Liu-Hsin de la marionnette à Taipei. Snif! Autre dommage collatéral : la réception organisée par le Bureau commercial du Canada avec plusieurs professionnels du spectacle a, elle aussi, dû être annulée.

Partout, de Guangzhou à Chiayi, le spectacle a été très bien accueilli. Les enfants ont beaucoup apprécié l’histoire de l’écureuil curieux et un brin égocentrique et de la fourmi envolée sur une balloune. En sortant du théâtre, ils s’amusaient à dire « sta moé, sta moé » et à reproduire les « Oh non !» de la fourmi égarée, exactement comme le font les petits Québécois… Les nombreux adultes ayant assisté aux spectacles ont surtout apprécié l'imaginaire poétique mis en scène.
 
Des rencontres artistiques et professionnelles ont été organisées dans chaque ville, elles ont été l’occasion d’échanges entre les marionnettistes, qui ont pu confronter leurs méthodes de travail, de tournées, de production.  Le festival de Taipei avait organisé une excursion à Yilan, sur la côte du Pacifique, pour une visite du musée du Théâtre de Taiwan (pas annulée celle-là!) et une rencontre avec Madame Chia-yin Cheng, la directrice artistique de la troupe The Puppet & Its Double Theater, une compagnie taïwanaise, et une professeure invitée, Alice Therese Gottschalk, une spécialiste en marionnette à fils venue d’Allemagne. Inutile de dire que la discussion a été passionnante !

Et quelle ne fut pas la surprise de Jocelyne Losier de se retrouver en pays de connaissance, en croisant des diffuseurs qui avaient vu Le Porteur/The Star Keeper dans des festivals de marionnettes en Allemagne (2000), aux Pays Bas (2009), en Espagne (2011) et au Danemark (2013). Enfin, plusieurs rencontres avec des directeurs de théâtre et de festivals laissent présager d’heureux développements pour les saisons à venir.

Pour ceux qui n’auraient pas encore vu Sur 3 pattes, quelques séances sont prévues les 14 et 15 avril 2015 à la Maison culturelle et communautaire de Montréal-Nord.
 

Le Porteur, 17 ans au compteur

L’infatigable Le Porteur / The Star Keeper poursuit son chemin, fier de sa notoriété planétaire. En mars 2015, il s’offre un petit séjour dans les Maritimes, où il visitera six villes. Ensuite il se produira à Sudbury en avril et en mai, au PlayhouseSquare International Children's Festival de Cleveland, en Ohio. En tout, 26 représentations. On dit que les voyages forment la jeunesse, Le Porteur en est la preuve !
 

Deux prix pour Corbeau

Corbeau, la plus récente création du Théâtre de l’Œil, se promènera du côté de Shawinigan et Sainte-Julie, en représentations scolaires et familiales. En décembre, retour au bercail avec quelques spectacles à la Maison de la culture Villeray-St-Michel-Parc Extension, en plus d’une escapade à Valleyfield.
 
Le 5 octobre Corbeau a reçu deux prix décernés par L'Arrière Scène, Centre dramatique pour l'enfance et la jeunesse de Belœil : le Prix du public, remis au spectacle ayant reçu le plus de votes de l'ensemble des spectateurs, et une mention spéciale pour les accessoires décernée, celle-là, par les Jeunes critiques de L'Arrière Scène. Inutile de dire qu’André Laliberté et Jean-Frédéric Messier en sont très touchés.



 

Le Jardin de la culture de Babel

Le 28 septembre, le public a été invité à rencontrer les artistes et les marionnettes du spectacle Le jardin de Babel, après la représentation à la Maison Théâtre. Les enfants ont pu échanger avec les marionnettistes, l’auteur et le metteur en scène, en plus de poser pour la postérité avec les marionnettes. Le Théâtre de l’Œil rougit de plaisir en pensant que Babel et Marcelle figurent désormais dans les albums de famille ! Cette rencontre s’inscrivait dans le cadre des activités régulières de la Maison Théâtre, mais également dans le programme des Journées de la culture.
 
 
Pas un marché sans Jocelyne

À peine rentrée d’Asie, Jocelyne Losier s’apprête à partir pour Rimouski, afin de retrouver les amis du ROSEQ, en octobre (Kiosque 42). Toujours aussi assidue aux marchés du spectacle, on la retrouvera en novembre à CINARS (Stand 328), en janvier à New York pour l’APAP (Stand 718) et à Philadelphie pour IPAY, et en février à la Bourse RIDEAU, à Québec. Pour plus de commodités, le Théâtre de l’Œil a décidé d’implanter une puce électronique dans la roulette arrière de la valise de Jocelyne. Ainsi, vous pouvez désormais la suivre sur Google Maps. On n’arrête pas le progrès!

 

Le Théâtre de l'Œil reçoit l'appui financier du Conseil des arts et des lettres du Québec, du Conseil des arts du Canada et du Conseil des arts de Montréal.
 

Infolettre :
Texte Michelle Chanonat
Mise en page Julie Laviolette
Gabarit Julien Berthier
   
THÉATRE DE L'ŒIL
Compagnie de création et de tournée en théâtre de marionnettes
Montréal (Québec) Canada
info@theatredeloeil.qc.ca
www.theatredeloeil.qc.ca

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