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De Candide à une réflexion sur l’optimisme…

candideL’optimisme ne se limite pas à une attitude mentale (être confiant dans l’avenir), il se traduit aussi par des attitudes plus actives et des comportements concrets face aux difficultés de l’existence : recherche de soutien et d’informations, application de stratégies adaptées pour régler le problème ou améliorer son moral, etc.
Ces données actuelles des connaissances psychologiques permettent de proposer une définition plus précise de l’optimisme : face à l’incertain, supposer qu’il existera une issue favorable et agir pour la faciliter. L’optimisme est donc de pensée et d’action.

Caricatures et critiques de l’optimisme : Candide
De nombreux préjugés persistent à l’encontre de l’optimisme. L’optimisme est suspect. Au mieux, il fait l’objet de plaisanteries : « Un optimiste est quelqu’un qui commence à faire ses mots croisés au stylo à bille. » Au pire, il est considéré comme un manque de lucidité et d’intelligence. Et tout ça c’est la faute à Voltaire ! Et à son fameux Candide…

Ce conte philosophique, la plus célèbre des œuvres de Voltaire, était en fait une charge en règle contre les thèses du philosophe allemand Leibniz, convaincu de l’excellence de la création divine, et adepte – pour simplifier – du « tout est bien ». Candide, jeune Allemand à l’esprit simple et droit, de naissance noble mais illégitime, a été recueilli par le baron de Thunder-ten-Thronck. Au château, il est l’élève du docteur Pangloss, partisan comme Leibniz du « Tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes ». Cet enseignement, et une jeunesse agréable, font de lui un optimiste un rien naïf. Mais il se trouve brutalement expulsé de ce paradis, après avoir été surpris par le baron en train d’embrasser Cunégonde, sa fille légitime. Les ennuis commencent alors pour Candide.

De nombreuses aventures, aussi cruelles qu’exotiques, le conduiront de Buenos Aires à Constantinople, et se chargeront de le ramener à la raison (selon Voltaire) : il finira par revenir de ses croyances optimistes, et se retirer modestement pour «cultiver (= travailler, enrichir) son jardin (= monde, esprit, jardin secret)», sans plus prétendre s’embarrasser de métaphysique car il n’y a pas de réponse.

Voltaire avait-il des comptes à régler avec l’optimisme ? Au moment où il rédigea Candide, il était profondément choqué par la grande catastrophe de l’époque, le tremblement de terre de Lisbonne (qui détruisit totalement la ville en 1755, et épouvanta l’Europe), ainsi que par les horreurs de la guerre de Sept Ans. Banni par le roi, vivant en exil à Ferney, près de la Suisse, Voltaire était alors en proie à un pessimisme envahissant : « Un jour, tout sera bien, voilà notre espérance. Tout est bien aujourd’hui, voilà l’illusion. »

D’où vient que l’on critique plus volontiers les optimistes que les pessimistes ?
Alors qu’en réalité, on recherche davantage leur compagnie. Est-ce dû à un soupçon de jalousie envers ces bons élèves à l’école du bonheur ? N’est-ce pas surtout qu’on ne perçoit de l’optimisme qu’une facette très limitée : la volonté de voir le monde de manière positive, alors qu’il n’y a pas toujours de quoi. Il y aurait dans l’optimisme un certain aveuglement, un désir borné de ne pas se focaliser sur le côté sombre de la réalité.

Dans son conte, Voltaire joue d’ailleurs malicieusement à mettre sur le chemin de Candide tous les malheurs du monde, comme autant de preuves de l’inanité de sa posture philosophique.

L’optimisme n’est sans doute pas seulement un état d’esprit (s’attendre au meilleur et non au pire), mais aussi une attitude globale impliquant des comportements engagés (agir pour que le meilleur survienne).

Source : culture-et-debats.over-blog.com/article-281664.html

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